Krishnamurti

Krishnamurti, le philosophe insoumis

J’ai trouvé cet extrait qui résume bien l’essentiel de son message :

« Il n’y a pas de Krishnamurti », comme il n’y a pas de dieu consolateur, ni de sens à la vie, affirme cet inclassable et virulent philosophe indien. La vérité est pour lui « un pays sans chemin », une vision intime, en élaboration perpétuelle, qu’il ne prétend ni détenir ni transmettre. Dès que vous suivez quelqu’un, vous cessez de suivre la vérité », dit-il. A chacun d’entrer en contact avec son enseignement, sans intermédiaire, crédulité ou idées préconçues, pour devenir « son propre maître et sa propre lumière ». Dans cette perspective, chère à Socrate, il conduit à « comment penser » et appelle à « une révolution silencieuse » : la connaissance de soi et le dépassement de la peur, pour s’ouvrir à la réalité de « ce qui est », seule voie d’accès à la dimension sacrée de la vie.

Etre attentif à notre présent

Aux dogmes, modèles, certitudes de toutes obédiences, Krishnamurti oppose la vigilance, la prise de risque, la remise en question, individuelle et permanente. « La vérité n’a pas de sentier, et c’est cela sa beauté : elle est vivante… » Pour y accéder, il suffit de porter l’attention la plus vive à notre présent, notre banalité quotidienne. « L’ignorance, c’est de ne pas se connaître soi-même profondément ; et vous ne pouvez pas vous connaître si vous êtes incapables de vous regarder, de vous voir tels que vous êtes, maintenant, sans déformation, sans désir de changer. Dès cet instant, ce que vous verrez sera transformé, parce que la distance entre l’observateur et la chose observée ayant disparu, il n’y a plus de conflits. »

Vivre comme un être neuf

« Savoir » au sens où l’entend Krishnamurti, c’est « se dénuder complètement, se dépouiller des accumulations du passé et aborder la provocation [de la vie] à la façon d’un être neuf. » C’est se libérer de la pensée, qui est une réaction de la mémoire visant essentiellement à répéter un schéma connu, rassurant. Sous cet angle paradoxal, la pensée n’est, pour lui, jamais intelligente.

La peur empêche l’épanouissement de l’esprit

L’école est « un moule mortifère » axé sur le passé, la spécialisation, la compétition et l’autorité. A cette critique, il a apporté une réponse concrète : la création de quatre écoles à travers le monde, où sont enseignées aussi bien la connaissance de soi que les mathématiques. Elles s’attachent à éduquer et à enseigner du savoir, sans autorité ni peur : « Dès qu’il y a crainte, vous cessez d’apprendre vraiment. » La peur abrutit le cerveau, « empêche l’épanouissement de l’esprit et de la bonté… Accumuler des connaissances vous rend mécanique, mais apprendre permet à l’esprit d’être plein de spontanéité, de jeunesse, de subtilité. »

Trouver l’immobilité de l’esprit

S’il ne donne jamais sa propre méthode de méditation, Krishnamurti explique comment voir, en solitaire, la vérité. « Savez-vous ce que signifie : regarder un arbre et n’avoir aucune pensée, aucun souvenir interférant avec votre observation, vos sensations, votre sensibilité, votre état nerveux dans ce moment d’attention, de sorte qu’il y ait seulement l’arbre et non vous qui regardez cet arbre ? » Alors l’observateur est aboli.
Dans cette immobilité de l’esprit, « la vérité peut entrer en existence ». Cet état est pour lui création, un espace sans bornes, qui bruisse de « l’extraordinaire énergie de l’univers »

La beauté existe là où l’ego n’est point

« L’amour n’est pas la sensation. L’amour n’est ni le plaisir, ni le désir, ni son assouvissement. L’amour n’est ni la jalousie ni la haine. L’amour sait être généreux, compatissant, plein de tact. Pourtant, ces qualités ne sont pas l’amour. Il faut, pour y accéder, être extrêmement sensible à la beauté. Il ne s’agit pas de la beauté d’une femme, d’un homme… La beauté dont je parle existe là où l’ego n’est point. Cette beauté, cet amour, cette vérité, c’est la plus haute forme d’intelligence… »

(extraits de psychologies.com)

 

* * *

J. Krishnamurti  : « De l’amour et de la solitude »

« L’esprit doit être parfaitement silencieux, sans un mot, sans un symbole, sans une idée. Alors vous découvrirez – ou plutôt, alors naît  – un état dans lequel ce que nous avons appelé amour, et ce que nous avons appelé souffrance*, et ce que nous avons appelé mort, sont une seule et même chose. Il n’y a plus de division entre la souffrance, la souffrance et la mort ; et là où il n’y a plus de division, alors est la beauté. Mais pour appréhender cet état, pour être dans cet état d’extase, il faut cette passion qui survient avec le total abandon de soi. »

(page 190/191)

* comprendre ici souffrance psychique ou morale, non pas physique.

Voir le texte du livre intégral

***

« L’amour ne compare pas, de sorte que la jalousie et la torture de « devenir » cessent.

Apprendre, dans le vrai sens de ce mot, n’est possible qu’en un état d’attention, dans lequel il n’y a aucune contrainte, extérieure ou intérieure. On ne peut penser correctement que lorsque l’esprit n’est pas assujetti par une tradition ou par la mémoire. C’est l’attention qui permet au silence de se produire dans l’esprit et d’ouvrir la porte vers la création. Voilà pourquoi l’attention est de la plus haute importance.

Les connaissances sont nécessaires au niveau fonctionnel comme moyen de cultiver l’esprit, mais non en tant que fin en elles-mêmes. Ce qui nous importe, ce n’est pas le développement d’une seule capacité telle que celle du mathématicien, de l’homme de sciences ou du musicien, mais le développement total de l’enfant en tant qu’être humain.

Comment peut-on provoquer cet état d’attention ? On ne peut pas le cultiver par la persuasion, la comparaison, les récompenses ou les punitions, qui sont toutes des formes de contrainte. L’élimination de la peur est le commencement de l’attention. La peur existe tant qu’existe le désir d’être ou de devenir, qui est une poursuite du succès avec toutes ses frustrations et ses contradictions tortueuses.

On peut enseigner la concentration, mais l’attention ne peut pas être enseignée, tout comme il est absolument impossible d’enseigner la liberté par la peur ; mais on peut commencer à découvrir les causes qui produisent la peur, et celle-ci s’élimine par la compréhension de ces causes. L’attention surgit donc spontanément lorsqu’autour de l’élève est créée une atmosphère de bien-être, lorsqu’il a l’impression d’être en sécurité, d’être à son aise et lorsqu’il est conscient d’une action désintéressée inspirée par amour. L’amour ne compare pas, de sorte que la jalousie et la torture de « devenir » cessent. »

J. Krishnamurti Face à la vie Introduction (p. 23-24)

* * *

J. Krishnamurti Conférence :

Se libérer du conditionnement

Partie 1/4

Partie 2/4

Partie 3/4

Partie 4/4

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