Art

Beauté

« Les femmes sont des oeuvres d’art » dit l’ élève dans sa copie de philo au bac .. il a bien raison, même s’il a du mal à philosopher,  au moins  a t il un ressenti poétique…

Et la poésie est sans doute la chose la plus importante..  la philosophie n’atteignant son essence que lorsqu’elle est hors de portée de la pensée… le moment où justement la poésie règne en maitre..

Les mots sont impuissants pour traduire la profondeur, l’étendue de l’être, de l’art, alors  l’instant n’ayant plus de prise sur le temps, l’éclat de vie vous innonde de lumière et vous couvre de son or,

Et puis rien, vous ressentez,  vous respirez et vous chantez

Life is wonderful    !!!

 

(0^0)

 

Kabir dit:  cherchez la beauté, elle est partout. La Beauté n’est rien d’autre que Dieu caché. Toute beauté est sienne.
Quand vous voyez un beau visage c’est le visage de Dieu.

Quand vous regardez dans de beaux yeux, vous pénétrez dans le Temple de dieu.
Quand vous voyez une fleur s’ouvrir c’est une invitation de Dieu… Chaque fleur, chaque oiseau, chaque nuage est un rendez-vous avec Dieu.

 

(0^0)

f-Jullien

« L’expérience métaphysique du nu — car tout vrai nu est métaphysique — est donc que, à travers ce corps, c’est l’Être qui se laisse pénétrer dans son intimité. Car l’intimité à soi du corps y devient soudain objective, c’est à quoi réussit le nu, nous l’avons vu, de sorte que ce plus secret, par lequel l’Être se creuse, se trouve définitivement atteint et exposé. Comme en soi. Sans plus rien qui le couvre ou le cache, sans plus rien qui puisse faire illusion : sans plus aucune dérobade, aucun retrait. Car il ne faudrait point se méprendre : les vêtements ont été retirés de ce corps comme l’ont été les « formes extérieures» de la cire approchée du feu. Ou, si je passe ainsi par Descartes, c’est pour mieux séparer l’expérience en cause d’avec quoi on pourrait aisément la confondre : l’expérience du nu n’est pas celle d’un dévoilement (excitant le désir — l’effeuillage), dont le plaisir viendrait de ce que le plus caché est enfin montré (quae plus latent plus placent : la logique du strip-tease), mais elle relève d’une opération rigoureuse de réduction (ontologique, eidétique : Descartes — Husserl). À propos du corps de la cire, il ne pouvait s’agir que d’une comparaison, tanquam, et l’expérience restait théorique ; dans le cas du corps humain, en revanche, l’expérience en est fournie au sens propre — elle devient sensible : parce que seul le corps humain est effectivement susceptible d’une mise à nu, ce corps est le seul « lieu » de l’Être où l’Être puisse être éprouvé découvert et, promu ainsi dans son être, soit alors pleinement manifesté. »

« Tel serait — à dire avec humour (je le dis ici en clin d’œil à Gibson) — le côté zen (ou haïkaï) de la photographie du nu… »

(François Jullien, De l’essence ou du nu)

*

Telle est donc ce que François Jullien nomme la force isolante de la fonction esthétique: par elle le nu est renvoyé à un inaccessible et le désir se trouve en quelque sorte déréalisé. Le nu réalise alors ce «tour de force» de neutraliser l’opposition entre chair et esprit en s’offrant tout à la fois au regard de l’œil et à celui de l’esprit.

http://www.philoflo.fr/resources/le+nu.pdf

*

Un grand merci au Boudoir de  Callipyge  pour sa merveilleuse contribution, qui m’a permis de retrouver le texte de F. Julien

*

L’auteur, sinologue et philosophe, s’interroge sur la présence du nu en Occident à toutes les époques et dans tous les arts, alors qu’il est en revanche resté ignoré dans la tradition artistique chinoise. Comment expliquer cette absence? L’auteur montre que le nu a partie liée avec notre conception de la philosophie et qu’il est le révélateur d’une quête de l’être totalement étrangère à la pensée chinoise. -présentation de l’éditeur- (Editions Le Seuil 2005)

***

Publicités